A l’heure où nous devrions nous concentrer sur l’essentiel, la préparation de notre congrès d’Arras, ce week-end a été marqué par des initiatives médiatiques qui ne sont pas d’actualité.
D’abord la rencontre de Dijon qui se voulait œcuménique a été transformée en cirque médiatique, pire elle a donné lieu à l’affrontement de deux personnalités socialistes pendant que nos représentants, certes navrés, tenaient la chandelle. Nous voyons bien que cette voie est aujourd’hui plus qu’étroite, elle n’est pas facilement praticable du fait de l’immaturité des partenaires potentiels. Nous l’avons déjà dit c’est d’abord par l’affirmation d’un projet, puis par sa confrontation avec celui d’autres formations que nous serons audibles et crédibles. Le désarroi économique et social auquel nous sommes rendus fait qu’une tête connue en politique sans bilan crédible ne saura séduire ses fidèles électeurs sans une équipe ayant une réelle capacité de propositions réalistes, éclairées par des expériences de vie réellement vécues par nos concitoyens.
Une autre initiative, le lancement du club Terre Démocrate, si elle peut paraître sympathique, n’en est pas moins déroutante, en dépit de notre réelle affection pour Corinne Lepage. Ce club a vocation à se rapprocher d’Europe-Écologie. Il allie des personnes qui ont tourné le dos parfois avec fracas à notre mouvement ou qui s’apprêtent à le faire, à des personnalités éminentes du monde scientifique et judiciaire. Sa feuille de route est encore à construire, est-ce une écurie électorale pour les régionales ? Ou bien réellement un cercle de réflexion au service d’un projet national ? Dans ce cas apportera-il ses réflexions à notre mouvement ? A d’autres formations politiques ? Comment un club qui annonce sa dissolution prochaine (dans un an) comme préalable pourrait-il garantir une pérennité de l’action nécessaire au changement profond que son projet politique prétend annoncer ?
Le 28 octobre 2009, le Conseil des ministres a discrètement adopté un projet de réforme des juridictions financières qui pourrait bien, à terme, faire disparaître le contrôle de l’utilisation de l’argent public par les collectivités locales.
Derrière un libellé pour le moins anodin se dissimule ni plus ni moins une remise en cause d’un des fondements de la démocratie locale, née en 1982 des lois de décentralisation, celui du contrôle par les chambres régionales des comptes de l’utilisation des impôts et ressources locales par les communes, les intercommunalités, les départements, les régions, mais aussi par les sociétés d’économie mixte ou les associations subventionnées.
Mon professeur de philosophie nous avait mis en garde: quand on parle trop d'une chose, se méfier. Cela signifie que l'on est en train de la supprimer ou qu'elle est déjà morte. Se méfier des "démocraties populaires" qui ne sont ni démocraties ni populaires, se méfier des régimes qui vantent la liberté de la presse, c'est qu'ils sont en train de la réduire, se méfier des gouvernements qui défendent subitement l'égalité des chances, c'est que les inégalités s'accroissent. Se méfier donc de ceux qui prétendent défendre l'identité nationale, c'est qu'ils sont en train de l'attaquer.
Le
côté rassurant est de voir écrit sur toutes les pages « document de
travail ». Le côté moins rassurant est d’entendre des collègues
congratuler les auteurs sur la qualité du document alors même que nous
n’avions matériellement pas eu le temps de le lire. Cirer les pompes
est un métier bien rodé, mais, « chers amis », vous vous trompez de
siècle, de combat et d’objectif. Faire plaisir au Prince, ce ne doit
pas être un comportement démocrate, non ? D’ailleurs faut-il un prince
ou un garant de la Démocratie et de la cohésion nationale ? Pour moi
c’est tranché.



