31août 2009
Cumul ou parenthèse
Par legrid
- Projet
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Pendant que les traders tentent de justifier leurs bonus, les partis
politiques tentent de justifier leurs manœuvres en matière d’alliance.
Face aux logiques les plus scabreuses, le citoyen se dit, sans trop
comprendre, que tout cela est bien trop compliqué pour être honnête.
Effectivement, la classe politique en place au parlement est composée
pour une large part de professionnels du mandat électoral.
Perdre un mandat signifie perdre des revenus… et bien plus encore. Il
est donc facile de comprendre l’agitation de ces hommes et ces femmes,
engagés dans des luttes terribles, car en politique, la valeur passe
après le culot tout comme le court terme l’emporte sur le moyen terme.
Pendant ce temps là, les vraies questions restent en dehors du débat.
Par exemple celle-ci : la France dérape, est-ce la fin de son histoire
prospère ?… Tout comme Rome s’est délité sous la haute autorité d’une
supposée classe dirigeante incapable de comprendre le nouvel
environnement social et économique qu’elle avait elle-même laissé
s’installer.
Naturellement, la situation à laquelle nous sommes confrontés est plus complexe, mais elle a ceci de commun avec la précédente que le pouvoir politique en place n’est pas connecté au terrain. Sentant le malaise, la prise de responsabilité est déportée sur des hyperexperts qui ne sont pas d’avantage connecté au terrain… car les médiatisés aiment rencontrer les médiatisés … pour refaire le monde. Qui n’aime pas rencontrer une personnalité toute rayonnante par ce qu’elle croit être son succès ?
C’est pourquoi, tant que nos élus rémunérés seront préoccupés par leur réélection, nous passerons à côté de l’essentiel. Réclamer le mandat unique n’est pas suffisant. Les militants doivent réclamer une véritable démocratie au sein de leur parti. Celle qui leur permet de travailler sur le projet programmatique et celle qui permet de choisir parmi eux des candidats éligibles.
« Parmi eux » : voila ce qui change tout : parmi les militants, c'est-à-dire des hommes et des femmes qui n’attendent pas un mandat pour vivre, mais simplement disposés à mettre temporairement leurs convictions au service de la communauté pour faire avancer le progrès social, économique et environnemental (écologie et international entre autres).
« Temporairement » voilà l’autre changement que nous devons atteindre. Dans une économie qui tourne de plus en plus vite et qui est de plus en plus diversifiée, est-il acceptable de voir se solidifier l’appareil politique ? Est-il normal d’avoir un parlement aussi peu représentatif de l’innombrable variété des profils de citoyens qu’ils sont sensés servir ?
C’est pourquoi nous estimons nécessaire de faire un inventaire de l’ensemble des mandats rémunérés et non rémunérés afin d’établir une grille de compatibilités (ceux qui peuvent éventuellement se cumuler entre eux) ainsi que le nombre de mandats consécutifs possibles (la limité est de deux pour le président de la république).
Cette limitation du nombre de mandats induit une réflexion sur la manière dont les élus retournent dans la vie publique ou privée. Cette réflexion ne doit pas traitée séparément de celle qui concerne l’ensemble des citoyens privés temporairement d’activité rémunérée.
Dans l’état actuel des choses, le parti qui s’en sortira, sera celui qui proposera un programme répondant aux attentes des citoyens. Deux solutions : soit ce parti dispose d’un important trésor de guerre avec lequel il va faire plancher un bataillon d’hyperexperts. La soupe sera bien présentée et sans doute bonne, mais pas authentique.
L’autre solution consiste à écouter et organiser ce que les citoyens ont à dire. Leurs souffrances leur ouvrent parfois le cœur, en tout les cas l’esprit. Cette voie est plus courageuse. Elle coûte nettement moins cher et permet de servir une soupe authentique. Les électeurs ne s’y tromperont pas.
Gabriel Dagorn, Geneviève Bouché, et Gilles Lacan





3 commentaires
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