• L'agenda des militants qui veulent faire de la politique autrement. Contre la cuisine politicienne, ces acteurs sont plutôt favorables à une stratégie d'autonomie et mettent l'accent sur l'originalité d'un nouveau projet de société, et en interne, de nouvelles pratiques politiques. Ils partagent avec Bayrou la perspective de la victoire en 2012, mais l’attendent sur deux sujets: la désignation démocratique des candidats et la construction d'un projet original qui précipite la recomposition du paysage politique. L'agenda du GRID s'inscrit dans cette perspective, avec une priorité au projet.

 Que s'est-il finalement passé à La Grande Motte ?


  • Premier temps vendredi, s'associer avec les élus du côté du jeu politicien pour ouvrir la porte des alliances et ne pas trop s'encombrer de démocratie interne vécue vraisemblablement comme une perte de temps, d'énergie et de contrôle. Les futurs élus respirent, mais chacun sent aussi toutes les incohérences et les risques potentiels d'une alliance à gauche. Tout ça pour ça ? Avons-nous traversé dix ans le désert pour passer du rôle de supplétif de la droite à celui de supplétif d'une gauche qui n'est pas certaine de vouloir de nous ?

  • Second temps dimanche, les alliances au sens large passent au second plan, la priorité est au projet collectif, plus au projet d’un seul homme, la revendication des militants et de Jean-François Kahn semble être entendue. Médiatiquement, «l’offre publique de dialogue» ou le «parlement de l’opposition» sont des bombes largement reprises, elles ont l’avantage d’occulter les jeux politiciens qui avaient dominé les premiers jours. En théorie, nous devrions enfin sortir de la rhétorique de la critique et parler de projet avant de parler d’alliances. Reste à vérifier que nous allons véritablement vers une dynamique de projet collectif et qu’il n’y a pas là que des mots. L’annonce de discussions très rapides au «parlement de l’opposition», bien avant le congrès d’Arras, laisse craindre une grand messe sans incidence sur l’agenda réel du MoDem.
Sans être tout à fait dupe, le GRID prépare dès maintenant des propositions pour le Congrès d’Arras et travaille à ce qu’il ne soit pas un congrès-potiche mais le lieu d’une véritable discussion participative sur un projet. Le GRID  reste persuadé qu’un projet est le préalable à toute discussion sur des dynamiques d’idées.

Sans projet, il n’y a d’autre choix que le rôle du supplétif plus ou moins désiré ou le splendide isolement qui conduira à l’élimination des élus et au grand affaiblissement de notre mouvement. Dans les deux cas, les perspectives de victoire en 2012 deviendraient totalement improbables.