Prédateur et non jardinier La finance qui pèse dans les conseils d’administration se comporte comme le « suiveur » qui éclaire un spectacle. Il cherche en permanence à orienter son faisceau lumineux sur le danseur le plus spectaculaire à un moment donné. À la fin du spectacle, il rentre chez lui avec l’heureux sentiment du travail accompli.

Avec la privatisation, les dirigeants attirent l’attention du « suiveur » avec les promesses de résultats du trimestre prochain, autrement dit le court terme et seulement le court terme. Dès lors, le souci est de ramener la productivité à des ratios comparables aux concurrents plus modernes et donc affranchis du poids des ans. Logique !

Suiveur au lieu de pionnier Le moyen terme, la fameuse R&D (recherche et développement), est reléguée au rang d’icône : juste un peu pour faire causer. Car dans cette logique très anglo-saxonne, l’innovation se fait dans des startups, ce qui ne marche pas vraiment en France.

Résultat : France Télécom subit les évolutions technologiques et s’y adapte tant bien que mal. Mal en l’occurrence étant donné qu’il lui est demandé de résoudre une équation insoluble : maigrir sans faire officiellement de régime. De quoi tomber malade…

Celui qui se comporte ainsi est un « suiveur ». Il n’a pas son sort en main. Il survit avant de disparaître. En revanche, celui qui tente d’innover accumule de l’agilité, celle qui permet d’anticiper les mutations.

Tuer en vain Sans entrer dans les détails, il y avait des façons moins meurtrières pour arriver au résultat. Et de toutes façons, il y avait l’obligation de s’astreindre à replanter des emplois à hauteur de ceux que la maison avait besoin de détruire.

C’est la règle de la « remise en état des lieux ». C’est possible en pratiquant la culture du développement par l’innovation.

Reprenons notre sort en main Plutôt que d’accumuler de la dette, accumulons du travail, de la R&D et des projets qui les mettent en application.

En clair replantons les emplois que nous avons déracinés. Pour cela, il faut des institutions au service des praticiens et non l’inverse. Il faut des dirigeants qui ont grandi dans le système productif et non dans les ourlets du pouvoir.

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