Oui, je suis pour que l’état conserve la haute main sur la partie strictement régalienne de la mission de la poste, à savoir la gestion des objets en recommandé, ceux par lequel l’état s’adresse aux citoyens.  À cette occasion, il conviendrait de lui redonner sa solennité, compte tenu du fait que nous disposons désormais de divers autres moyens, moins contraignants, pour adresser un message avec accusé de réception à des tiers ordinaires ou pour des motifs moins solennels.

 
Ainsi, mon OUI est trop nuancé pour qu’il puisse s’exprimer pleinement dans cette votation.

Je ne rejette pas l’idée de la votation, mais pas à cette échelle et pas sans débats préliminaires. Cette votation là a des allures partisanes. Elle s’est drapée dans l’émotionnel à défaut de déclancher une recherche de propositions constructives.

 
J’aurai préféré une votation qui propose des pistes de solution et qui soit une ouverture au débat. Pour ma part, j’aurai opté pour un projet innovant et qui favorise l’entrepreneuriat responsable.

Qu’en est-il du cahier des charges qui va être imposé aux repreneurs ? Chez nos voisins, la poste se privatise comme une entreprise parmi d’autres, partant du postulat que pour attaquer les marchés internationaux, il faut être grand. Rien n’est moins sur à l’ère du numérique. Pourquoi ne pas proposer un réseau ouvert de spécialisations, utilement mises en synergie autour du métier pivot : la gestion des flux d’objets et de valeurs. Une privation responsable serait alors possible, celle qui fait confiance aux entrepreneurs, mis en relation avec leurs investisseurs à travers un circuit simple et responsable.

La Poste ne peut demeurer un service public rogné par des entreprises privées. Sa privatisation tardive est une opportunité pour proposer une autre façon de penser et de faire, profitons-en !

Geneviève Bouché