19oct. 2009
La Poste face au devoir de réforme
Par Geneviève Bouché
- L'actu
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La Poste française fait partie de nos fiertés nationales en raison de sa fiabilité. Un nouveau pas a été franchi depuis que la nouvelle organisation des bureaux se met en place. A l’efficacité vient s’ajouter la convivialité. Bravo et encore bravo.
Cette poste là va être privatisée. Nous avons tous été appelés à nous exprimer à travers la votation pour s’y opposer. Plus de 2,5 millions de français ont répondu à cette sollicitation, menée avec un soutient logistique et médiatique d’envergure offert à l’insu de la majorité en place.
Personnellement, je ne me suis pas déplacée pour contribuer à cette manifestation qui me semble ambigüe.
Oui, je suis contre les privatisation sauvages : je suis opposée à ce qu’un savoir faire longuement acquis soit bradé à des nouveaux propriétaires qui ne paieront jamais assez cher la sueur et l’audace qui a permis à ce joyau d’exister.
Oui, je suis pour la modernisation de notre vie sociale, économique et démocratique : je m’oppose à la prolifération des grandes structures inhumaines car elles représentent un danger tant pour le client que pour l’investisseur (épargnant). Jouet des investisseurs professionnels, ceux qui transforment les bénéfices en maléfices , elles sont néanmoins trop rigides, elles peinent à s’adapter aux innovations et aux crises.
Ainsi, mon OUI est trop nuancé pour qu’il puisse s’exprimer pleinement dans cette votation.
Je ne rejette pas l’idée de la votation, mais pas à cette échelle et pas sans débats préliminaires. Cette votation là a des allures partisanes. Elle s’est drapée dans l’émotionnel à défaut de déclancher une recherche de propositions constructives.
J’aurai préféré une votation qui propose des pistes de solution et qui soit une ouverture au débat. Pour ma part, j’aurai opté pour un projet innovant et qui favorise l’entrepreneuriat responsable.
Qu’en est-il du cahier des charges qui va être imposé aux repreneurs ? Chez nos voisins, la poste se privatise comme une entreprise parmi d’autres, partant du postulat que pour attaquer les marchés internationaux, il faut être grand. Rien n’est moins sur à l’ère du numérique. Pourquoi ne pas proposer un réseau ouvert de spécialisations, utilement mises en synergie autour du métier pivot : la gestion des flux d’objets et de valeurs. Une privation responsable serait alors possible, celle qui fait confiance aux entrepreneurs, mis en relation avec leurs investisseurs à travers un circuit simple et responsable.
La Poste ne peut demeurer un service public rogné par des entreprises privées. Sa privatisation tardive est une opportunité pour proposer une autre façon de penser et de faire, profitons-en !
Geneviève Bouché





5 commentaires
En réalité, le débat dépasse le cadre de la Poste. Le problème se pose pour toute les services publics, et résulte de la conception ultra libérale de l'entité désignée sous le vocable "EUROPE", et de la haine viscérale à toute organisation dénommée "administration". Et le problème vient de là. Alors que l'expérience montre que c'est de l'union que vient la force, l'"EUROPE" s'évertue à casser le tissu structurel de chaque pays. Oui l'expérience montre que c'est en associant les forces vives des pays que l'on progresse, et les premiers créateurs de l'Europe l'avaient compris, et les organismes intra nationaux qu'ils avaient créés sont des exemples, la CECA en son temps, EURATOM, etc., et dans le domaine monétaire l'EURO, monnaie commune est reconnu comme un gage de stabilité, même dans le domaine de la défense on essaie de faire une force commune, un autre exemple est AIRBUS, et on pourrait continuer. Mais dans le domaine des services publics l'EUROPE marche à contre sens, chaque pays va faire la concurrence dans les autres et réciproquement. L'absurdité de la chose est remarquable, car par exemple dans le domaine de l'électricité, on assiste à une multiplication de l'offre, alors que techniquement l'unification est faite, tous les réseaux européens sont reliés, inter-connectés : l'électricité que vous utilisez en ce moment vient peut-être de l'autre bout de l'Europe ! Et alors chaque ex service public se met à faire n'importe quoi. Pour exemple cette Poste, quand je me rends dans le bureau de Poste du quartier, et que je vois que la Poste se met à vendre des CD, des livres, des jouets, etc., alors qu'il y la queue au guichet, je me dis "mais je rêve, qu'ils fassent d'abord leur métier!!!". Remarquez que pour la SNCF on assiste au même schéma, elle subira en France la concurrence de ses homologues européens qu'elle ira concurrencer chez eux !!! c'est le domaine de UBU roi !!! Mais les syndicats ont leur responsabilité, au lieu de s'accrocher au maintien d'avantages acquis, parfois scandaleux, ils eussent mieux fait de faire eux aussi l'union avec leurs homologues et imposer aux politiques des services publics européens, et nous aurions une Euro-Poste par exemple, qui se contenterait de faire sa mission, et de faire ça bien, car au risque de vous contredire, la Poste marche très mal, et tous les services publics eux aussi. Regardez la crise à France Télécom !!! Mais qui comprendra, ou voudra bien comprendre que la dérégulation des marchés est un leurre ???
Lionel je suis sur votre position. Ce qui prouve que nous avons un débat au sein du GRID. C'est sain et cela fait avancer les idées.
Pour moi La Poste n'est pas en mesure de devenir une entreprise privée et ne le sera jamais.
Je comprends le oui mais de Geneviève car l'intérêt général et le service public ne passe pas toujours par une gestion publique. Ils passent en revanche par le contrôle public et si possible par une autorité représentative des citoyens.
Mais dans le cas de la Poste le sujet est d'une autre nature.
Le service n'est plus totalement "universel" et il est devenu "partiel". Quand je vais chercher un recommandé je ne supporte pas d'attendre que la personne devant moi tergiverse dans le choix d'une enveloppe ou d'un coffret cadeau.
Le débat est donc de 2 natures:
- quel est le périmètre de la Poste
- quel type de gestion pour la Poste
Son périmètre doit être le service postal universel et la service public bancaire. Point à la ligne.
Tout le reste est de la littérature.
Toute diversification entraîne une dispersion et la délivrance d'un service public dégradé en qualité.
Mais attention, cela ne doit pas empêcher la Poste de nouer des partenariats en particulier dans les zones à faible densité de population notamment avec les communes mais aussi d'autres prestaires de service de proximité.
C'est donc en respectant les métiers de chacun, en trouvant les moyens de partager des coûts d'implantation et en maintenant le principe de la gestion publique du service public que la Poste peut continuer à délivrer ses services.
Pour toutes ses autres activités, rien ne doit l'empêcher de nouer au travers de ses filialies les partenariats nécessaires y compris capitalistiques.
C'est peut être là que se situe la nuance introduite par Geneviève. Pour ma part en retenant cette nuance je préfère à nous en tenir à une gestion publique, on n'est jamais trop prudent.
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