26oct. 2009
Le MoDem revient à l’esprit de 2007 : il était temps
Par Christian Delom
- Nos positions
- 7 commentaires
-
Partager
Par Christian Delom, Conseiller national
J’ai participé comme mes collègues au dernier conseil national de notre mouvement.
Voici les conclusions que je peux en tirer.
• Côté projet, le compte n’y est pas encore.
• Côté politique le réalisme revient.
• Côté avenir, nous avons besoin plus que jamais d’une vision
Côté projet, le compte n’y est pas encore. ↑
Un document de synthèse produit par le siège a été distribué à l’entrée de la séance.Le préambule de François Bayrou est réussi, enfin il n’est plus question d’avoir l’œil rivé sur le rétroviseur mais de s’intéresser au quotidien et à l’avenir de nos concitoyens.
Le chapitre sur les valeurs est également prometteur.
Le
côté rassurant est de voir écrit sur toutes les pages « document de
travail ». Le côté moins rassurant est d’entendre des collègues
congratuler les auteurs sur la qualité du document alors même que nous
n’avions matériellement pas eu le temps de le lire. Cirer les pompes
est un métier bien rodé, mais, « chers amis », vous vous trompez de
siècle, de combat et d’objectif. Faire plaisir au Prince, ce ne doit
pas être un comportement démocrate, non ? D’ailleurs faut-il un prince
ou un garant de la Démocratie et de la cohésion nationale ? Pour moi
c’est tranché.Il reste beaucoup de travail, si quelques points solides sont fixés, d’autres manquent encore. Les « plumes » officielles se contentent de bonnes généralités … pour l’instant. C’est pourquoi il faut se mobiliser.
Le travail des commissions, très dense, riche d’intéressantes innovations, manque à l’appel. Pourquoi ? Nos militants foisonnent d’idées. Les contributions des commissions sont plus travaillées, plus partagées, plus riches. Il faut impérativement s’en servir.
Ensemble, nous pouvons amender ce document de travail. Ensemble les 4 semaines qui nous séparent du congrès d’Arras nous suffirons. Rejoignez-nous pour que nous fassions porter ensemble et collectivement nos voix et nos idées.
Le MoDem deviendra alors le parti des gens (notamment des plus faibles), du réalisme et de l’avenir.
Côté politique le réalisme revient. ↑
A l’unanimité, le conseil national a voté de présenter des listes indépendantes dans toutes les régions. Pouvait-il en être autrement ?
Seule la naïveté pouvait faire penser que les mains tendues vers des partenaires dès le premier tour seraient prises en compte. Ceux et celles qui jouent cette partition vont vite s’en apercevoir à leurs dépens.
Ailleurs, le sectarisme et le nombrilisme prévalent ainsi que le manque de lucidité et de réalisme. J’ai assisté à un jeu d’équilibriste lors d’un café démocrate dont l’invité était Gaby Cohn Bendit : « nous devons rassembler les écologistes mais nous ne pouvons pas troubler notre électorat de gauche ». C’est comme si après les présidentielles, nous avions dit « pour travailler avec le MoDem, il faut exclusivement avoir voté Bayrou ou avoir eu envie de le faire ». Bonjour l’ouverture d’esprit. Et pendant ce temps, la France souffre.
Les Verts, qui ont repris le contrôle d’Europe-Écologie, demandent un passeport écologiste de préférence de gauche. Les socialistes rêvent de leur grandeur passée en se faisant le grand frisson identitaire (certains ont quand même un boulier dans les mains et se refont un frisson celui-là glacial). Le front de gauche rêve lui de jouer le rôle des « Linke » allemands.
Tout ce monde chante en cœur : tout sauf le… MoDem. Les français pensent eux qu’il y a d’autres urgences. Leur bilan collectif (PS, Verts, PC) régional est d’ailleurs contestable : peu de prise en compte de l’avenir, essoufflement, saupoudrage, bref une gestion plan-plan, façon troisième république, celle des notables…
Le MoDem n’aura pas de compétition du Nouveau Centre, puisque au coup de sifflet du chef, le doigt s’est remis sur la couture du pantalon, alors tels les bourgeois de Calais les clés ont maintenant été remises au conquérant, le frisson identitaire a, là aussi, fait long feu. Comme le disait une militante de ma ville « moi, je suis une vraie centriste, j’ai toujours voté à droite », il n’y a rien à ajouter !
Au MoDem, après la déception des présidentielles, les errements des municipales et la défaite des européennes, la ligne d’indépendance d’avant les présidentielles est réaffirmée, tant mieux, c’est celle qui nous avait réussi le plus. C’est sur cette ligne que le MoDem a été créé. C’est à partir d’elle que nous retrouverons le souffle initial. Mais c’est cette ligne que nous avions perdue de vue depuis. Tout cela, cumulé avec un fonctionnement interne calamiteux, a désespéré les militants.
Cette ligne est porteuse d’espoir. Le GRID, dans l’esprit de sa construction, a vocation à contribuer à cet édifice.
Côté avenir, nous avons besoin plus que jamais d’une vision ↑
Je reste persuadé que les français cherchent une alternative au pouvoir en place et ne la trouvent ni dans un parti socialiste exsangue, sans ligne politique, sans leadership, ni dans le vote Europe-Écologie, car là aussi déception annoncée, les calculs politiciens des Verts relancent un réflexe de repli sur eux-mêmes.
Le MoDem n’est pas parfait, mais il est là et il est le mieux placé pour offrir une vision pour l’avenir, une vision de vivre mieux ensemble, d’un monde de progrès durable, de valeurs réinventées. Nous pourrions faire plus vite, plus franc, plus collectif, c’est évident, alors faisons le.
Le MoDem est dans l’opposition : qui le conteste ? Soyons nous-mêmes : nous ne devons pas nous excuser tout le temps de ne pas nous référer à la gauche. Ce qui est nouveau c’est que nous pouvons aujourd’hui confronter les divergences et mettre en lumière des convergences avec des partis se revendiquant à gauche. C’est la moindre des choses.
Sur la protection sociale et la démocratie sociale, sur les enjeux du développement durable, sur l’école, sur la laïcité, sur la lutte contre la pauvreté, ces convergences sont réelles. Sur la liberté d’entreprendre, sur la volonté de renouer avec un développement économique évidemment durable mais support de la croissance, sur la réforme de l’Etat, sur le périmètre des services publics, ces convergences sont à préciser quant on saura ce que les Verts et le PS proposent.
Au lieu de troubler les esprits par des rencontres médiatiques précipitées, le point essentiel est de confronter notre vision de l’avenir avec celle des autres. Il est clair que nous ne partageons pas celle du pouvoir en place : Une société ne peut pas être uniquement fondée sur la valeur argent et sur l’accumulation de richesses individuelles, pas plus qu’elle doit se satisfaire des déficits publics et de l’accroissement des dettes financières, sociales et écologiques, surtout quand on nous en fait un package global.
Nous attendons du congrès d’Arras, une expression claire de la vision démocrate, qui mettra chacun en face de ses responsabilités. Pour ma part j’y contribuerai activement. Le GRID est une excellente plateforme prête à l’emploi, à chacun de s’en servir.





7 commentaires
Pour parodier "Gaby" ne pourrait-on pas dire que le MD dit : " Nous devons rassembler les "démocrates" mais nous ne voulons pas troubler notre électorat de droite". Plutôt, contrairement à "Gaby", le MD ne le dit pas, mais le pense peut-être.
Bref, le caractère "vertueux" des proclamations d'autonomie n'est pas prouvé a priori. Il faudra attendre que les projets régionaux se précisent.
J'ai comme le pressentiment que les projets régionaux du MD et de Cap21 ne seront pas tout à fait pareils...
Je crois savoir que, lors de ce CN, François Bayrou a également confirmé que le MoDem n'accorderait pas de garantie financière aux candidats pour ces Régionales.
Etant donné que les têtes de listes et les premiers placés risquent de devoir mettre largement la main à la poche, voire s'engager sur leurs biens propres, cette décision devrait doucher quelques ardeurs...
@Ch. Romain
Le MoDem a toujours fait savoir à ses têtes de listes aux municipales, en 2008, qu'elles ne seraient pas remboursées par le parti si elles ne faisaient pas 5%.
Ce n'est donc pas nouveau. ;-)
Il serait bon d'admettre que même si le MoDem est à la peine, depuis la Présidentielle et la création du mouvement, nous avons toujours dû faire face à des élections en cascades : législatives-cantonales-municipales-européennes... et bientôt les régionales. Donc pour un parti naissant, le développement n'est pas chose aisée.
Vouloir qu'il soit "tip-top" n'était franchement pas réalisable ; mais ce mouvement est porteur d'une autre société, et son leader, imparfait en est le 1er artisan, essayons de dépasser les rancunes et rancoeurs pour offrir un espoir crédible à la france.
Pas vraiment la même lecture si ce n'est sur le document remis, véritable patchwork bâti à la va-vite et qui n'a aucune structure logique. Est ce qu'un projet politique doit faire 62 pages ? 2 pages sur la corruption, 2 misérables paragraphes sur la culture mêlée à la communication !!
Pour ce qui est de la pratique démocratique, c'est toujours aussi faible. Ceux qui l'ouvrent se prennent 2 claques et une bonne leçon du maître Bayrou.
Et la superbe déclaration d'indépendance ressemble fort au renard de la fable qui, à ne pouvoir attrapper les raisins, finit par les trouver trop verts.
Excellent billet! je partage ton approche Christian!
Le travail continue dans les commissions, il reste à améliorer grandement notre organisation, malgré les critiques, je suis optimiste, nous nous sommes rapprochés de l'esprit de 2007.
bonjour, je partage une très large partie de cette analyse et du combat pour un MoDem indépendant, fédérateur d'initiatives citoyennes... le retour aux sources du MoDem me semble la seule en mesure de lui assurer un avenir... d'où une crainte permanente que les ambitions présidentielles de FB ne viennent l'anéantir à tout moment..... l'alternance n'a jamais rien apporté, l'alternative citoyenne elle marchera car elle vise à réarmer les citoyens dans leur recherche de l'intérêt général... http://modemmvtcivique.lesdemocrate...