Si l’individu est au centre, c’est d’abord pour lui permettre de révéler et de développer ses talents. Point capital d’une société juste, c’est la condition principale de la remise en marche de l’ascenseur social. Ces talents doivent pousser chacun d’entre nous à innover, à entreprendre, à partager. Ce goût et cette exigence du partage doivent s’inculquer très tôt, et se renforcer, par exemple, par le service civique universel. C’est pourquoi la priorité absolue c’est l’éducation, et avec elle, l’école. Il faut donner les moyens à cette école de la république de jouer ce rôle essentiel de s’adapter aux enfants dans leur diversité. Continuant à lui faire confiance comme notre bien le plus précieux, il ne faut pas hésiter à lui demander des comptes à l’école, par exemple, de s’assurer que l’objectif de savoir lire et écrire, soit une exigence pour passer en 6éme.

Si l’individu est au centre c’est pour s’assurer que quels que soit ses talents, ses mérites, sa santé, son origine, son âge, il ait  accès à une vie digne et décente. La dignité passe naturellement par l’emploi. C’est par l’emploi et sa juste rétribution que cette dignité doit être rendue accessible à tous. C’est là tout un projet de société qui met l’activité humaine non pas uniquement au service de l’économie mais à celui de l’accomplissement personnel et collectif.  L’emploi doit donc être la priorité à égalité avec l’école, car l’emploi, c’est aussi accéder à un logement, un revenu, à la culture, à l’établissement dans la société, à la solidarité d’un foyer, aux loisirs.

La justice ne peut être pérenne que par le partage des responsabilités et de l’espace. Il faut mettre un terme aux ghettos urbains et à l’abandon et l’exploitation des pays pauvres en particulier en Afrique. Il est de l’intérêt de tous, européens et africains, d’accélérer le codéveloppement et de protéger ces pays des excès de l’ordre économique mondial de la même façon que notre modèle social français et européen, qu’il faut pérenniser et promouvoir, doit protéger les plus démunis d’entre nous.  Le codéveloppement, c’est aussi éviter l’injustice du déracinement qui va gonfler les cohortes de malheureux traversant la méditerranée au péril de leur vie. Ils retrouvent dans l’émigration une autre forme d’asservissement. Je pense aux filières mafieuses d’immigration et au travail clandestin. Tout cela constitue un chantier à l’échelle de l’Europe.

Pour conclure, une société juste est donc plus un état d’esprit et une exigence qu’un catalogue de mesures, car la nature humaine pousse au chacun pour soi, à la loi du plus fort et donc à l’injustice. La société juste passe par l’idéal universel démocratique et républicain rempart contre le clanisme, le clientélisme, le communautarisme, tous trois terreau de l’injustice.

Christian Delom
Conseiller National du MoDem

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