Lundi 8 mars : journée de la femme. Il n’y a toujours pas de journée de l’homme.

En clair, la place de l’homme ne pose pas de problème. Ce n’est pas vrai : si la femme évolue, l’homme doit évoluer.

Nous avançons vers une société où le talent devient une source de richesse déterminante.

Dans leur aspiration à s’accomplir dans la vie, les hommes et les femmes développent des stratégies complémentaires. La vie économique et sociale devient complexe : elle fait tour à tour appel à des valeurs masculine et des valeurs féminines. Aux schémas hiérarchiques s’ajoutent les schémas en réseaux, plus consensuels et plus stratégiques. En clair, des valeurs dites "féminines".

Se priver de la moitié du potentiel de la population est un choix hasardeux. La femme veut et doit trouver sa place dans une société historiquement dont le pouvoir est actuellement conçu par et pour des hommes.

Les femmes ont donc désormais au moins 3 carrières à mener de front : femme, mère, professionnel … et plus s’il reste de la place dans l’agenda !

Une vie saturée amène des loupés : enfants survoltés, divorces, plafond de verre … et au bout du compte, une victoire en demi teinte pour ces dames épuisées, dont le mérite ne peut être mis en cause.

Force est de constater que les progrès sont poussifs, en France en particulier et dans le monde du travail tout particulièrement. Il convient donc de s’interroger sur la nature des progrès visés : sommes nous certains qu’il faille aller vers une égalité de parcours professionnel pour les hommes et pour les femmes ?

Le talent est un amalgame de savoirs, de dispositions personnelles, d’expérience et d’inspiration. Pour ce qui est du savoir, il est clair que les bases s’acquièrent en début de vie. Les dispositions personnelles se révèlent tout au long de la vie. L’expérience est de deux nature : connaissance de la vie et connaissance d’un métier. Contrairement à l’idée imposée actuellement, la connaissance métier s’acquière à partir du moment où le désir d’apprendre est présent.

Nous avons donc un problème de politique de gestion des ressources humaines.

La piste de réflexion, à propos du respect des étapes de la vie, semble insuffisamment explorée à ce jour. Le monde du travail actuel considère comme immuable la vie en «3 temps : l’éducation, le salariat suivi d’une retraite à un âge fixé par décret.

Cette logique simplificatrice, développée durant l’ère industrielle a besoin d’un sérieux coup de rénovation afin de __mieux utiliser les cycles de la vie active : l’apprentissage, l’action, la transmission.

De même que ces phases se chevauchent de par le fait que les métiers sont plus flou et surtout évolutifs est qu’il est nécessaire d’en pratiquer plusieurs durant sa vie active, ces phases doivent être conjuguées avec des exigences de vie personnelle faute de quoi la société se désagrège : enfant bâclés, fins de vie abandonnées, périodes transitoires pouvant s’échouer dans une grande détresse … etc.

Ceci passe par une approche radicalement différente de la gestion des ressources humaines des forces de la nation et de l’idée que chacun peut se faire des critères en matière de « vie réussie ».

De même qu’il est admis que l’état doit organiser la vie économique dans sa zone géographique en responsabilisant les parties prenantes, de même, il doit accompagner les étapes de la vie de ses concitoyens en responsabilisant les parties prenantes.

Chacun devrait à terme pouvoir gérer de façon responsable son patrimoine d’expertise et son capital familial. Ceci représente du temps et de l’argent qui, bien investi profite à la société sur le moyen et le long terme.

Nous en revenons donc une fois de plus à un choix de société : est-il acceptable de laisser une petite frange d’individus accaparer le « court terme » en délaissant le moyen et le long terme avec cette belle phrase : « on verra plus tard ».

Nous allons écouter tous ceux qui ont des choses à dire sur les femmes aujourd’hui. Les seuls propos qui vaillent seront ceux qui proposent des perspectives. La parole ne doit plus être donnée aux courtermistes.