S’opposer ce n’est pas proposer, et encore moins résoudre. La sanction des dernières élections européennes, à l’encontre du PS comme du MoDem, est le prix cher payé de l’oubli de cette règle.

Ensuite, beaucoup d’entre nous participent avec enthousiasme aux commissions thématiques nationales. Mais nous regrettons surtout que la direction n’ait pas établi une feuille de route, qui permette un échange direct avec les commissions, afin de favoriser leur responsabilisation politique.

C’est la raison pour laquelle le GRID proposera des axes stratégiques qui permettront, s’ils sont approuvés et enrichis par le débat démocratique au sein des instances de notre mouvement, de constituer au moins en partie le socle sur lequel notre projet pourra être décliné par les commissions et demain porté par nos candidats aux élections présidentielle et législatives.

Enfin, dernière urgence, ce sont les régionales.

Ce n’est pas au dernier moment comme pour les européennes qu’un projet commun à toutes les régions pourra se préparer puis se décliner sur tout le territoire national. La gauche sera dans la défense d’un bilan dans presque toutes les régions. La droite sera dans le soutien au président de la République. Et nous ? Qu’aurions-nous à proposer si nous nous y mettons au dernier moment au risque de nous en remettre à « l’expertise » de quelques gourous externes à notre mouvement ?

C’est l’esprit de la fondation de notre mouvement que nous aimerions voir renaître appuyé sur un projet pour la France qui innove et qui tranche face à l’abandon général que subit une majorité de nos concitoyens.

Si nous avons décidé de transformer ce « think tank » en groupe d’action, c’est qu’aujourd’hui la démarche du MoDem est en danger. Pourtant, jamais notre pays n’a eu autant besoin de s’appuyer sur une analyse lucide et sur des solutions radicalement innovantes.

Notre complémentarité avec les commissions


Nous avons pour objectif de construire un nouveau modèle de société par un travail transversal, qui s’affranchit des clivages classiques économiques, écologiques, institutionnels, etc.

Nous saluons le travail des commissions nationales, organisées selon l’approche unanimement pratiquée dans nos institutions, qui permettent déjà une prise en compte des problèmes de notre pays et qui réfléchissent thème par thème aux mesures qui devraient se prendre pour les résoudre.

Ce n’est néanmoins pas suffisant si les commissions n’ont pas de feuille de route. Il n’y a pas de politique sociale sans politique de la connaissance et de la formation, il n’y a pas d’institutions démocratiques sans la garantie des libertés publiques. Il n’y a pas d’adhésion à la transformation de la société sans une éthique publique. Il n’y a pas de développement responsable sans esprit de responsabilité et sans transparence. Et surtout le développement économique ne doit pas se concevoir indépendamment de tout le reste.

Cette approche ne nous protège pas contre le syndrome du potier !

Tout le village aimait le potier, le plus professionnel du monde... mais son atelier a fermé quelque temps après l’ouverture de la droguerie où les ménagères ont pu acheter, pour pas cher, des bassines et des pots incassables et de couleurs vives.

Pauvre potier, dépassé par de nouveaux entrants plus agiles !


Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de perfectionner un modèle de société, mais de comprendre les fondements de la nouvelle donne.

C’est à partir des scénarios qui auront requis une intime conviction collective que nous serons en mesure de préparer l’avenir. Nous saurons vers quel point « B » nous voulons aller. Nous aurons alors à proposer les modalités de passage du point « A » au point « B ». C’est là que les commissions pourront être pleinement efficaces et utiles à notre mouvement

La démarche du GRID est donc complémentaire des travaux effectués en commissions. Elle permet de faciliter leur travail en créant une transversalité et une finalité commune. C’est ce qui permettra de construire un véritable projet qui sera compris et approuvé par les citoyens de notre pays.